Radio 1: De Ochtend Interview avec Marleen Dierickx

Le secteur bancaire est encore l'un des derniers bastions masculins. C'est ce qui s'est avéré une fois de plus l'an dernier lors de la nomination d'un nouveau directeur à la Banque nationale. Mail il y a aussi d'autres exemples. Dierickx Leys Private Bank, par exemple, une petite banque spécialisée principalement dans la gestion de patrimoine. Quatre des onze membres du conseil d'administration y sont des femmes. Et l'un d'elles est notre invitée ici ce matin.

Bonjour Marleen Dierickx.

La plupart d'entre nous associent une banque à un compte courant et d'épargne ou à un prêt. Mais ce que vous faites est différent?

C'est vrai, nous sommes une Private Bank ou banque privée. Nous sommes spécialisés dans les placements, en particulier dans toutes les formes de gestion de patrimoine: de la gestion conseil à la gestion discrétionnaire, en passant par la gestion de fonds. En outre, nous proposons également des conseils en matière de patrimoine et de planification financière.

Ce n'est donc pas vraiment une banque pour tout le monde, il faut avoir de l'argent avant de venir chez vous?

C'est un malentendu largement répandu que de penser qu'il faut être riche pour investir. Bien sûr, nous avons beaucoup de clients aisés, mais vous pouvez aussi venir chez nous avec des sommes d'argent plus modeste, par exemple pour investir dans nos fonds, ce qui est déjà possible avec quelques milliers d'euros, ou pour constituer une épargne-pension, la variante fiscalement avantageuse. Tout le monde est en fait bienvenu.

Comme je l'ai dit dans l'introduction: le conseil d'administration de votre banque compte pas moins de 4 femmes. Pourquoi?

Il est évident que nous ne sommes pas allés sciemment à la recherche de femmes. Nous sommes toujours à la recherche de personnes ayant des compétences adéquates, mais aussi avec des compétences complémentaires. Mais d'un autre côté, ce n'est peut-être pas un hasard que nous nous retrouvions souvent avec des femmes. Parce que c'est quelque chose qui s'est clairement développé dans notre banque au fil du temps. L'ouverture d'esprit sans préjugés fait partie de notre culture, de même que l'ouverture aux candidates. Mon arrière-grand-mère et ma propre mère étaient déjà dans la direction de la banque et, aussi en ce qui concerne la branche de la famille Leys, la présidente de notre conseil d'administration, Monique Leys, a joué un rôle important pendant de nombreuses années. C'est ainsi que, depuis plus de 20 ans, la majorité du conseil de direction a été composée de femmes, ce qui est vraiment exceptionnel.

Vous vous appelez vous-même Dierickx. Était-il clair dès le départ que vous suivriez les traces de vos parents?

Enfant, j'étais déjà énormément fascinée par les activités professionnelles de mes parents. J'aimais vraiment aller à la banque pour <<aider>>. Mais en grandissant, mes intérêts ont quelque peu changé. J'ai fini par étudier la sociologie et non l'économie. Mais après mes études, mes parents m'ont tout de même fortement encouragée à rejoindre l'entreprise. Ils m'ont promis que je serais impliquée dans les activités RH, entre autres choses, et cela m'a finalement convaincue.

Mais finalement, vous êtes donc quand même restée. Avez-vous dû surmonter certains préjugés dans ce secteur? Parce que vous êtes une femme? Parce que vous êtes « la fille de »?

J'ai certainement été confrontée à des préjugés, des stéréotypes aussi, à plusieurs reprises. Mais souvent, ils étaient plutôt de nature inoffensive. Pendant longtemps, j'ai eu mon bureau à côté de celui d'un gestionnaire de patrimoine masculin. Quand ses clients me voyaient dans l'entrebâillement de la porte, ils me demandaient parfois de leur apporter un café ou de faire des photocopies. Je le faisais immédiatement parce que, bien sûr, ils pensaient que j'étais la secrétaire. Mais j'ai pris la chose avec humour.

Bien sûr, beaucoup de banques ont commencé comme une entreprise familiale. Mais vous l'êtes toujours. À quel point est-ce exceptionnel?

C'est assez exceptionnel dans le monde bancaire, mais il y en a encore quelques autres dans les banques privées.

Quels sont les avantages?

Il y a de nombreux avantages, du moins si vous pouvez préserver la culture familiale en tant que banque familiale. Je pense que nous y sommes parvenus. Nous sommes très proches de nos employés et de nos clients, ils ne sont certainement pas des numéros pour nous.

En tant que banque familiale, nous avons également une vision à long terme typique. Nous mettons l'accent sur la continuité et la stabilité, pas seulement sur les objectifs à court terme.

Nous aspirons également à une relation à long terme avec nos clients et n'imposons pas nos produits.

Y a-t-il aussi des inconvénients?

Il est vrai que nous emmenons peut-être plus souvent notre travail à la maison. On parle souvent de l'entreprise familiale lors des fêtes de famille, ce qui est logique. D'autre part, l'entreprise est aussi souvent une raison de se rencontrer davantage. Si nous devons nous réunir pour discuter de notre fondation, par exemple. Et c'est bien aussi, cela crée un lien supllémentaire.

Madame Dierickx, il y a plus de 10 ans, la crise bancaire a éclaté. Comment vous en êtes-vous sortis?

Rétrospectivement, nous avons survécu assez facilement parce que nous n'avons jamais été impliqués dans des produits financiers toxiques comme les grandes banques et nous avons toujours géré nos propres fonds et ceux de nos clients en toute sécurité. Nous avons toujours mis l'intérêt du client au premier plan.

Mais ce furent tout de même pour nous des moments de grande tension, surtout lorsque toutes ces grandes banques ont fait faillite fin 2008, parce que nous craignions vraiment une grave crise systémique et nous en aurions aussi bien sûr subi les conséquences.

Était-ce plus facile pour une petite banque, ou justement pas?

C'est plus facile, je pense, parce que nous n'étions pas impliqués dans la course à l'argent dans laquelle les grandes banques se sont trouvées complètement piégées: toujours devoir obtenir de meilleurs chiffres trimestrielle et, à cette fin, toujours prendre de plus grands risques. Nous n'étions pas sous la pression d'une cotation en Bourse. En tout cas, la perception de l'après-crise était plus à notre avantage: Small était enfin devenu beautiful. <<Plus grand>> n'était plus associé à <<plus sûr>>, bien au contraire. À cet égard, cela s'est avéré être une bonne chose pour nous.

Avez-vous survécu plus facilement à la crise parce qu'il y avait aussi des femmes au conseil d'administration?

Peut-être, mais je dois dire en toute honnêteté que nos administrateurs masculins ont aussi toujours visé une politique de risques saine.

Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international et future directrice de la Banque centrale européenne, a dit un jour que cela ne serait jamais allé aussi loin si Lehman Brothers avait été Lehman Sisters. Vous êtes d'accord?

Je préfère ne pas me prononcer à ce sujet, bien que j'ai entendu dire que cette déclaration ait été aussi étayée par des recherches scientifiques. Intuitivement, je dirais plutôt que <<Lehman Brothers and Sisters>> serait la banque idéale. La diversité à d'autres niveaux ne doit pas non plus être négligée.

On dit parfois que les femmes prennent moins de risques que les hommes. Vous pensez que c'est vrai?

Ici aussi, je voudrais donner une réponse nuancée. Il y a aussi des gestionnaires masculin qui sont peu enclins à prendre des risques ou des gestionnaires féminines qui sont très axées sur les risques. Mais en moyenne, les femmes sont peut-être plus prudentes, c'est vrai.

Le secteur bancaire a-t-il tiré des leçons de la crise de 2007-2008?

Il est certain que beaucoup de choses ont changé depuis et qu'énormément de choses ont été réglementées. En termes de protection des investisseurs, d'exigences de solvabilité et de liquidités, les normes sont devenues beaucoup plus strictes, ce qui est une bonne chose.

Cependant, certains mettent déjà en garde contre une nouvelle crise, car nous serions tous de nouveau surendettés. Qu'en pensez-vous?

Je pense qu'il faut faire la distinction entre le problème de la dette publique et celui de la dette privée. Le taux d'intérêt zéro est bien sûr une bonne nouvelle pour la dette publique, mail il ne faudrait pas que cela entraîne encore plus de laxisme. Dans le cas de prêts à des particuliers, les banques doivent rester vigilantes et avertir correctement leurs clients s'ils risquent de dépasser leurs limites. Toutefois, le secteur financier a pris des mesures, telles que des marges de sécurité plus strictes, pour éviter que la dette privée ne devienne incontrôlable. Je pense donc qu'une nouvelle crise financière n'est pas à l'ordre du jour. 

Vous restez donc (prudemment?) optimiste?

Oui, nous envisageons l'avenir avec confiance.

Merci beaucoup, Marleen Dierickx de la banque privée Dierickx Leys.

Avec plaisir.

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