La passion de l'horlogerie Entretien avec Elke Op de Beeck

Experte en horlogerie, Elke Op de Beeck est une restauratrice passionnée d'horloges et de montres. Elle nous accueille au Musée de l'Horlogerie, là où le temps semble s'être arrêté. Quelle ironie, puisque montres à gousset, montres de carrosse, montres bracelets, horloges sur pieds, horloges murales, horloges de clocher continuent de tourner tranquillement autour de nous.

La passion de l'horlogerie

La passion de l'horlogerie lui a été transmise par son papa, car Jozef Op de Beeck est un horloger reconnu. <<À l'âge de 13 ans, il s'est passionné pour un réveil cassé>>, raconte Elke. <<Il voulait à tout prix devenir horloger, et il a réalisé son rêve. J'ai grandi dans un bain quotidien de montres et d'horloges. Á 16 ans, j'ai compris que la restauration d'horloges était une activité à part, pleine de défis, mais apaisante. J'ai malgré tout suivi une formation en sciences commerciales, spécialisation investissements. Mon travail de fin d'études était consacré à l'investissement en objets d'horlogerie et antiquités., pour vérifier s'il était possible d'évaluer, à l'aide de certains paramètres.

Vous travaillez désormais avec votre père, comme antiquaire, une vraie profession. Mais vous appartenez à une espèce en voie de disparition?

C'est ce que je crains. Je suis entourée d'anciens. Les personnes avec qui nous travaillons pour le verre, l'émail et la restauration de meubles exercent également des professions en voie de disparition. Auparavant, vous trouviez des horlogers à chaque coin de rue, aujourd'hui il faut être très pointu dans sa spécialisation pour survivre. Nous sommes dans un segment de niche et, grâce à Dieu, nous pouvons faire ce que nous aimons. Mais ce n'est pas facile de susciter l'enthousiasme de la jeune génération. Notamment parce qu'il faut investir des années avant que cela devienne rentable. Il ne faut pas imaginez que vous allez travailler sur des objets coûteux et en retirer beaucoup d'argent sans commencer par en casser beaucoup, vous cogner la tête contre le mur et tout.  

Les montres sont des objets de luxe qui vous permettent de vous distinguer, bien plus qu'avec une montre intelligente ...

Aujourd'hui, l'objet typique que vous portez est un objet jetable, un bien de consommation. Quand je travaille, je porte également une montre intelligente. Ce segment ne concurrence pas l'horlogerie de luxe, qui vous confère un certain statut. Le vrai passionné de montres en possède plusieurs exmplaires chez lui. En fonction de son humeur, il en portera une differente. Les montres digitales ne sont sûrement pas un obstacle aux montres mécaniques. Je dirais même plus, elle plaît aux jeunes générations. En soi, ce n'est pas mauvais pour nous.

Pour de nombreuses personnes, les montres ont un côté magique. Comment expliquez-vous cette magie?

Une montre est une petite boîte bourrée de technique. La mécanique n'est pas morte, on continue à l'inventir. Ce qui me frappe, c'est que les passionnés de montres sont toujours des hommes. La majorité des montres pour femmes sont des bijoux qui, pas hasard, donnent l'heure. Si vous voulez investir, préférez les montres pour hommes, avec toutes leur technique et leur raffinement.

Votre œil averti a scruté les montres pour hommes dans le programme télévisé « Rijker dan je denkt ». Avez-vous découvert des perles?

De temps en temps passent de belles choses que vous n'avez jamais tenues en mains. Je me souviens d'une horloge de table Omega d'une série très limitée. C'est agréable de voir un tel objet 'en vrai' car, même si vous pouvez penser qu'en vingt ans vous avez vu toutes les horloges, nous en découvrons de temps en temps de nouvelles. 

La collection de votre musée remonte à 1600. Quel est votre pièce préférée?

Ma favorite est une horloge au travers de laquelle vous voyez de part en part: la mystérieuse de Robert Houdin. Il s'agit d'un truc de magie dans une horloge: vous ne voyez que les aiguilles dans un cadran en verre transparent. Chercher comment cela fonctionne, je trouve ça fantastique. Nous essayons de faire comprendre à notre visiteur profane que notre musée offre plus de découvertes qu'un simple collection de cadrans d'horloges. Dans mon job, je peux me plonger dans la technique et me casser la tête. Si j'y arrive, tant mieux, surtout dans notre monde moderne, mouvementé, dans lequel tout doit aller vite.

Voyez-vous une ressemblance entre l'expertise des horlogers et celle des banquiers?

Tout comme un banquier cherche une solution financière pour son client, nous cherchons toujours la meilleure solution possible quand quelqu'un veut restaurer une pièce d'horlogerie. Pour une personne qui dispose d'un certain capital, il est tentant d'investir. C'est pourquoi il est important qu'il y ait chez Dierickx Leys, une personne neutre, avec sa connaissance des affaires, qui prenne le temps de cadrer les choses. On pourrait l'appeler un artisan banquier.

Conseilleriez-vous l'achat de montres ou horloges comme investissement sûr et rentable?

Oui et non. Il faut soit vous faire conseiller par quelqu'un qui connait le métier, soit que cela devienne aussi votre passion et que vous consacriez beaucoup de temps à chercher et trouver les bonnes affaires. Mais je trouve que c'est un bon investissement complémentaire. Si vous aimez porter une belle montre ou avoir un bel objet dans votre salon, vous pouvez acheter des pièces dont vous pouvez être relativement sûr(e) qu'elles conserveront une certaine valeur après des années. Le marché des antiquités est stable, mail il connaît aussi ses hauts et ses bas. Aujourd'hui, nous sommes dans un creux très profond. Je conseille toujours d'acheter des montres mécaniques, pas de montres à quartz. Celles-ci ne sont pas faites pour résister aux siècles, contrairement aux mécaniques. Mais le plus important est d'acheter un objet pour lequel vous avez eu un énorme coup de coeur, dont vous pourrez profiter vous-même, sans garantie de plus-value.

Lisez l'interview fascinante aussi dans notre KSJ d'avril 2019 via ce lien.

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