Menace de guerre commerciale: les matières premières et les pays émergents sont les premières victimes

Lors de sa campagne électorale il y a deux ans, le président américain, Donald Trump, a déclaré que la réduction du déficit commercial américain élevé était l'une de ses principales priorités. Il a également indiqué à l'époque que le déficit commercial important résultait de toutes sortes de pratiques commerciales déloyales appliquées par différents pays et que, selon lui, les États-Unis étaient la principale victime. Au cours de sa première semaine à la Maison Blanche, Trump a immédiatement donné le ton en suspendant la ratification d'un accord commercial avec des pays d'Asie du Sud (Partenariat transpacifique). L'accord commercial ALENA avec le Mexique et le Canada a également été annulé et renégocié. Des discussions sont également en cours avec l'UE et la Chine afin d'aboutir à des accords « plus justes » aux yeux du président.

Cependant, cela n'en reste pas qu'aux discussions. Comme les résultats se font attendre, Trump a également commencé cette année à « punir » les pays afin de leur mettre davantage de pression. Depuis le 1er juin, les États-Unis imposent des droits d'importation sur les importations d'acier et d'aluminium.

En réaction, l'UE, la Chine et le Canada, entre autres, ont imposé des taxes sur des produits d'exportation américains typiques tels que Jack Daniels, Harley Davidson et le soja.

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La Chine en ligne de mire

Les tensions avec l'UE ont quelque peu diminué au cours des derniers mois et les deux parties ont convenu de ne pas introduire de nouvelles taxes tant que les négociations sur un nouvel accord commercial sont en cours. La situation avec la Chine semble toutefois évoluer négativement pour le moment. Les négociations avec la Chine ne se passent pas bien, ce qui explique pourquoi, au cours du premier semestre de cette année, les États-Unis ont introduit des droits d'importation de 50 milliards de dollars sur les produits chinois en deux phases. En réaction, la Chine a fait de même pour les produits d'exportation américains. En septembre, une nouvelle ronde a eu lieu et Trump a donné l’ordre d’introduire des taxes supplémentaires de 200 milliards de dollars sur les produits chinois.

Encore une fois, la Chine a répondu rapidement avec des contre-mesures. La situation risque de dégénérer en guerre commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales.

Première victime: pays émergents

La guerre commerciale imminente crée une incertitude et, en période d'incertitude, les investisseurs ont tendance à chercher des « refuges » tels que le dollar américain et à retirer leur argent des investissements considérés comme plus risqués. Au cours des derniers mois, le dollar s'est également apprécié par rapport aux devises de la plupart des pays émergents. Les gouvernements et les entreprises des pays émergents ont beaucoup emprunté en dollars ces dernières années. Lorsque leur monnaie se déprécie face au dollar, ces prêts deviennent plus lourds et plus difficiles à rembourser. Les pays émergents confrontés à une incertitude politique et à d'importantes dettes en dollars (comme la Turquie, l'Afrique du Sud ou l'Argentine) ont vu leur devise chuter de manière spectaculaire au cours des derniers mois. Les devises plus faibles entraînent une forte hausse de l'inflation, ce qui oblige les banques centrales de ces pays à relever leurs taux d'intérêt. Une mesure qui, dans le même temps, ralentit également l’économie. 

La crainte d'une propagation ultérieure des problèmes des pays les plus faibles au reste des pays émergents est un facteur supplémentaire qui rend actuellement les investisseurs nerveux au sujet des pays émergents. Il n’est donc pas surprenant que les marchés boursiers de ces pays n’aient pas affiché de bons résultats au cours des derniers mois: l’indice MSCI Emerging Markets est actuellement inférieur de 20% à son sommet de janvier et se trouve donc officiellement dans un marché baissier.

Deuxième victime: matières premières

L'escalade de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis devrait également avoir progressivement un impact sur la croissance économique des deux pays au cours des prochains mois: les droits d'importation qui seront appliqués à un nombre croissant de produits seront répercutés par un grand nombre d'entreprises dans des hausses de prix. L'incertitude et les hausses des prix peuvent alors peser sur la confiance des consommateurs et entraîner les entreprises à différer leurs investissements, provoquant ainsi un ralentissement (substantiel ?) de la croissance. 

La crainte grandissante d'un ralentissement mondial de la croissance causé par les États-Unis et la Chine a également fait des victimes sur le marché des matières premières au cours des derniers mois: la Chine est de loin le plus gros consommateur de matières premières au monde, et un ralentissement de la croissance dans ce pays aura inévitablement un impact sur la demande de matières premières de base telles que le cuivre, le zinc ou l'aluminium. 

Il n’est donc pas surprenant que les prix de ces matières premières aient fortement chuté au cours des derniers mois.

Le facteur Trump incertain subsiste

Le comportement du président Trump au cours de l'année écoulée n'était pas un modèle de ténacité. Les opinions sur la Chine ou d’autres pays pouvaient complètement changer en peu de temps, où il alternait langage menaçant et conciliant. Par exemple, le Mexique a longtemps été critiqué, mais les États-Unis ont conclu un nouvel accord commercial avec le pays le mois dernier. Il est donc difficile aujourd'hui de savoir s'il poursuivra l'escalade du conflit avec la Chine ou s'il tentera d'y mettre fin dans les prochains mois. L'incertitude quant à l'issue du conflit reste élevée et son impact potentiel sur les pays émergents et les marchés des matières premières, dans un futur scénario défavorable, est considérable. 

Nous sommes donc enclins, malgré les baisses des prix, à ignorer ces marchés à court terme.

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Marc met krant spiegel

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