La bourse (n’)est (pas) un casino The Markets! de février 2021 - Geert Campaert

Dans l’ensemble, la plupart des bourses ont peu évolué en janvier, mais il y a eu beaucoup de mouvements sous-jacents ces dernières semaines. L’année dernière, il était clair déjà que de plus en plus de nouveaux investisseurs (inexpérimentés) se sont aventurés pendant les mois passés pour la première fois sur le marché boursier.

Robinhood

Beaucoup d’entre eux étaient confinés chez eux en mars/avril, sans trop de possibilités de loisirs, et ont donc décidé de faire leurs premiers pas en bourse.

Aux États-Unis, des applications comme Robinhood, permettant aux investisseurs d’acheter et de vendre facilement des actions via leur smartphone, ont encore facilité ce phénomène. Comme beaucoup d’entre eux ont commencé à investir juste après le début de la reprise des marchés boursiers après la forte chute de février/mars, les premiers achats ont généralement été fructueux et les actions achetées ont pu être vendues avec un bénéfice quelques semaines ou mois plus tard.

Premiers succès

Ces premiers succès ont séduit de nombreux investisseurs: ils sont restés actifs sur le marché boursier au cours des derniers mois et ont commencé à acheter des actions de nouvelles entreprises. Ils ont souvent été attirés par des conseils sur des entreprises ayant un énorme potentiel de croissance ou sur de nouvelles technologies prometteuses.

Au cours du second semestre, nous avons constaté une forte augmentation des actions d’un grand nombre de ces entreprises, sous l’impulsion de la demande des nouveaux investisseurs. Cependant, la majorité de ces entreprises sont déficitaires et certaines n’ont même pas encore de produit fonctionnel, ce qui les rend très difficiles à valoriser. Ces actions ont donc principalement augmenté sur la promesse d’un bel avenir. Comme de plus en plus d’investisseurs y ont cru et acheté des actions (supplémentaires), le phénomène s’est renforcé et ces actions ont continué à augmenter.

Nous avons fait le même constat lors de nouvelles introductions en bourse: les investisseurs voulaient acheter des actions à n’importe quel prix le premier jour de négociation et le cours a même doublé en quelques heures lors de différentes introductions.

Un effet de levier

Au fil de l’année, la confiance en soi (ou l’avidité) de nombreux investisseurs a augmenté et ils ont pris plus de risques pour augmenter encore leurs bénéfices: ils ont créé un effet de levier sur leurs bénéfices en utilisant des options ou en investissant avec de l’argent emprunté.

Short sellers

Durant les premières semaines de la nouvelle année, ces mouvements se sont renforcés: le nombre d’actions achetées avec de l’argent emprunté a atteint des niveaux records et la hausse du cours de certaines actions populaires s’est encore accentuée. Au cours de la dernière semaine de janvier, une nouvelle tendance a été constatée: sur de célèbres forums web, des milliers de petits investisseurs conviennent d’acheter des actions d’une certaine entreprise afin de faire monter le cours. Ce sont surtout des entreprises faibles où de nombreux short sellers sont actifs qui ont été choisies, afin que la hausse des cours soit encore renforcée quand ces short sellers sont obligés de racheter des actions afin de limiter leurs pertes. Cela a entraîné des hausses de cours de plusieurs centaines de pour cent pour une série d’actions en quelques jours.

Euphorie

Les indicateurs reflétant le sentiment des investisseurs sont à des niveaux records aujourd’hui, ce qui indique que de petits investisseurs (ou une partie) sont plutôt euphoriques aujourd’hui. Nous avons constaté cela pour la dernière fois à la fin des années 90, quand des investisseurs enthousiastes ont poussé les cours des actions Internet (déficitaires) à des niveaux sans précédent, à nouveau stimulés par une combinaison d’avidité et d’espoir irréaliste d’un avenir prometteur pour ces entreprises. Cependant, au début des années 2000, ce fut la désillusion: beaucoup de ces entreprises Internet ont fait faillite et les investisseurs dans ces actions ont perdu en moyenne plus de 90% de leur mise.

Attention!

Nous vous conseillons donc d’éviter toutes ces actions très populaires de sociétés déficitaires, car il y a de fortes chances que les investisseurs perdent une grande partie de leur mise dans la plupart des cas. La bourse n’est pas un lieu adapté pour les paris, le casino convient mieux à cette fin.

Les gestionnaires de Dierickx Leys Private Bank évitent ce type d’actions et se concentrent sur la recherche d’actions de qualité, à un prix raisonnable. 

PDF - The Markets! février 2021

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