L’incertitude permanente pèse aussi sur les marchés boursiers en octobre. The Markets - novembre 2020: Geert Campaert

Le mois dernier, nous avons indiqué que trois facteurs entraînaient une nervosité chez les investisseurs et pourraient peser sur les marchés boursiers dans les mois à venir: l’absence de nouvelles mesures de relance aux États-Unis, l’approche des élections aux États-Unis et, enfin, la crainte d’une seconde vague du virus COVID-19. Après une légère reprise au cours de la première quinzaine du mois, nous avons constaté durant la deuxième quinzaine d’octobre que ces trois facteurs ont effectivement pesé sur le sentiment boursier et ont provoqué une nouvelle légère baisse sur la plupart des marchés boursiers en octobre.

Mesures de soutien

Pendant tout le mois d’octobre, les démocrates et les républicains aux États-Unis ont discuté d’un nouveau plan de relance conséquent pour remplacer le précédent, qui a été supprimé en grande partie à la fin du mois de juillet. Cependant, les partis ne sont pas parvenus à un consensus sur le contenu des programmes d’aide, ni sur la portée des différentes mesures de soutien. Par conséquent, les chômeurs américains n’ont plus reçu d’indemnités supplémentaires depuis maintenant trois mois, ce qui risque de plus en plus de peser sur les dépenses de consommation. Les démocrates ne voulaient clairement pas conclure un accord avant l’élection, ce qui a permis au président Trump de promettre, dans les dernières semaines de sa campagne électorale, des indemnités supplémentaires à des millions d’Américains s’il était réélu. Si les élections se déroulent sans problème, les deux partis tenteront de conclure rapidement un accord après les élections.

Les élections présidentielles

Toutefois, le déroulement des élections pourrait être chaotique. Si les résultats des élections n’indiquent pas un vainqueur clair le soir du scrutin, les investisseurs craignent de plus en plus que les deux candidats puissent se déclarer vainqueur: le nombred’électeurs ayant voté par correspondance à l’avance est beaucoup plus élevé chez les démocrates que chez les républicains, mais tous les votes ne seront pas comptabilisés le soir de l’élection dans un certain nombre d’États. Cela peut donc aboutir à une situation complexe où, dans certains États, le président Trump aura initialement le plus grand nombre de votes le soir de l’élection, mais pas quelques jours plus tard, lorsque tous les votes par correspondance auront été comptabilisés. Cependant, le président Trump a déjà affirmé à plusieurs reprises qu’il estime qu’un résultat doit être annoncé le soir même des élections et s’oppose ouvertement à un délai d’attente de plusieurs jours. Les investisseurs craignent donc qu’il se proclame vainqueur le soir des élections sur la base d’un résultat incomplet et ne voudra pas renoncer s’il s’avère qu’il n’est finalement pas le vainqueur quelques jours plus tard. Cette incertitude rend les investisseurs nerveux et a conduit à des prises de bénéfices au cours des dernières semaines.

Virus du COVID-19

Enfin, le dernier facteur qui a pesé sur les marchés boursiers fin octobre est la deuxième vague du virus COVID-19 qui s’accentue (surtout) en Europe. Après une nouvelle hausse du nombre d’infections dans plusieurs pays en septembre, ce mouvement s’est accéléré durant la seconde quinzaine d’octobre. Plusieurs pays européens ont réagi en prenant à nouveau des mesures drastiques portant atteinte à l’activité économique dans différents secteurs (loisirs, commerce de détail, tourisme, ...). La reprise de ces secteurs, déjà très impactés au printemps, est à nouveau compromise et les investisseurs cherchent donc à nouveau à vendre les actions des entreprises de ces secteurs.

Mesures gouvernementales?

Il faudra examiner dans les prochaines semaines si certains de ces facteurs d’incertitude (élections américaines, deuxième vague de COVID-19) vont disparaître ou non. En outre, il faudra surveiller dans quelle mesure les gouvernements et les banques centrales vont (pouvoir) à nouveau utiliser des plans de relance massifs pour soutenir les entreprises et les citoyens. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a promis fin octobre que de nouvelles mesures de soutien seraient élaborées d’ici décembre. Nous avons constaté au printemps que des mesures gouvernementales fortes peuvent inverser le sentiment négatif sur les marchés boursiers. Reste à voir si elles pourront réaliser cette performance une deuxième fois cet automne.

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